Elle se tenait là devant lui, sur la terrasse, grande comme sa main, de couleur beige, les pattes longues et fortes, immobile. Il ne voyait pas sa tête, tout son corps semblant constitué de ses immenses pattes.
C’ était une araignée chasseuse. Elle ne tissait pas de toile, mais bougeait d’ un lieu à un autre, à la recherche de moustiques et de petits insectes qu’ elle capturait en se jetant sur eux. Le monde – qui se résumait pour elle aux plafonds et murs des appartements sur lesquels elle avançait par petits déplacements rapides -, le monde était sa toile.
La pensée qu’ il ne saurait jamais où elle se tiendrait, dehors ou dedans, remplissait l’ homme de terreur. Il eût voulu la tuer, mais se souvint que les mères gardaient sous leur ventre leurs centaines de petits qui, en cas d’ attaque ennemie, se dispersaient dans toutes les pièces de la maison. Alors il la regarda fixement pendant de longues minutes, puis la vit s’ échapper à une vitesse prodigieuse le long de la façade de l’ immeuble.
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