15.4.08

Désoeuvrés

Les désoeuvrés se regroupaient dans cette zone de la ville, on ne savait pourquoi. Il y avait simplement le marché, de taille assez réduite, et là, autour des quelques stands couverts de fruits et de légumes les plus divers, on retrouvait toujours les mêmes têtes, les mêmes personnages.
La plupart se distinguaient par une gestuelle assez lente, proche de celle du lézard en fin d’ après-midi, lorsque gorgé de soleil ce reptile délicat se cache soudainement sous une pierre. La peau des désoeuvrés ressemblait d’ ailleurs à celle de cet animal, tannée par le soleil et la sécheresse.
Leurs paroles étaient plutôt rares. Ils ne buvaient pas d’ alcool, contrairement à ce qu’ on aurait pu croire vue leur apparence de mendiant. Quand on leur donnait un cigare, ce que faisaient quelques habitués, ils aimaient fumer en déambulant autour de nous, les marchands ambulants. Le tabac les rendait plus silencieux encore.
Il arrivait parfois que nous parlions eux et nous. C’ était tôt le matin, lorsqu’ ils nous aidaient à décharger notre marchandise. Plus tard seulement, je compris la raison pour laquelle ils n’ acceptaient que cette activité matinale au milieu de la place encore déserte, et nulle autre.

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